mercredi 16 novembre 2016

[Tutoriel] Aire de vie végétalisée : "Libertarium" [4]




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[Q/R] Tutoriel - Aire de vie végétalisée : "Libertarium"

jeudi 3 novembre 2016

[Tutoriel] Aire de vie végétalisée : "Libertarium" [3]

Nous entamons désormais l'avant-dernière partie de ce tutoriel, certainement la plus délicate d'entre toutes. Après vous avoir parlé du matériel choisi et évoqué la conception de l'architectonique de mon Libertarium, est venu le moment de la problématique de la végétation sélectionnée qui se développera en son sein. Un tableau vivant...

À l'instar d'une colonie de Oecophylla smaragdina, les plantes n'ont quasiment aucune limite dans leur capacité à coloniser un espace naturel. Cela signifie que l'on ne peut compter sur elles pour se cloisonner, respecter l'espace que vous leur avez alloué. Mais aussi que chaque parcelle libre deviendra immédiatement le théâtre d'une guerre de conquête fratricide car dans ce paludarium que vous souhaitiez foisonnant de vie, empli de plantes tropicales belliqueuses parfois issues de zones du globe éloignées les unes des autres, chaque centimètre carré sera à plus ou moins brève échéance confisqué. Dès lors que vous avez compris, accepté ceci, au moment même où vous incorporez un nouvel organisme vivant qu'il soit végétal ou animal, il est essentiel que ce dernier soit considéré comme faisant partie d'un tout et non qu'il soit la pièce rapportée qui supplanterait ou serait amenée à dominer l'écosystème mis en place et que s'évertuer à imposer une espèce, la favoriser au détriment d'une autre rompt cet équilibre. Cet antagonisme ne peut être contrarié. Au mieux, vous pouvez intégrer un prédateur régenté et non un parasite qui vous aidera à contenir une population d'insectes ou un végétal au naturel trop envahissant.

Si il est assez facile de tailler, d’assujettir une plante ligneuse en la formant, il n'en est rien d'une colonie de fourmis du genre qui nous intéresse ici. Si nous partons du principe que notre organisme siègera dans un arbre sain et durable, la logique imposera que nos chers insectes se multiplieront à l'envie. C'est à ce moment précis que le choix de l'éleveur sera primordial. Devra-t-il les détruire manuellement ou s'appuiera-t-il sur un prédateur afin qu'il limite le plus naturellement possible cette population ? En ce sens, la destruction étant antinomique de la philosophie même de la conception d'un paludarium, j'ai logiquement opté pour l'un d'entre eux. Ce ne sera ni un papillon dont la chenille serait trop agressive, ni un batracien ou même un coléoptère Lomechusa myrmécophile, mais plutôt l'une des diverses d'araignées myrmécomorphes spécialisées dans la chasse aux fourmis. Bien entendu, cette espèce ne sera intégrée que peu de temps avant que cela s'avérera véritablement indispensable.

Maintenant que je vous ai expliqué quelles étaient les réflexions sous-jacentes, il ne me reste finalement plus qu'une petite chose à vous susurrer mais non des moindres... Au même titre que l'ossature initialement conceptualisée de mon Libertarium et ses diverses réflexions attenantes, un soin identique a été apporté quant au choix de ses quelques dix-neuf plantes. En effet, selon leurs besoins en humidité, en chaleur ou en luminosité voire leur propension à l'exagération ou leur animosité réciproque, je les avais aussi sélectionnées à l'origine avec le plus grand soin. La première photo est celle de la taille de la plante qui m'a été peu ou prou livrée en février 2016. La seconde, quant à elle, vous montre l'espace qu'elle est à même d'occuper lorsqu'elle n'est pas contrainte par la main de l'homme. Éclairant, non ? Rassurez-vous, je vais en profiter pour vous glisser quelques informations aussi indispensables que précieuses si vous souhaitez vous atteler à la tâche en vous lançant dans cette phénoménale aventure.

Quand je vous disais précédemment que déplacer un morceau d'Amazonie à domicile était effrayant de complexité ! ;)


                Ficus retusa
 
Cette essence est celle dans laquelle les Oecophylla smaragdina préfèrent nicher quand dans la nature elles en ont l'opportunité même si j'ai constaté qu'un simple lierre commun leur suffisait. J'ai placé ce Ficus miniature en position centrale dans un pot rempli de billes d'argile et m'emploie à le tailler selon les fondamentaux de l'art du bonsaï. Ainsi, je pourrai tout à loisir observer ma colonie si bien sûr elle décidait d'y emménager.

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 80 % - Humidité au sol : modérée mais constante - Luminosité : maximale.
Emménagement de la colonie : Oui.


                         Pilea involucrata
Positionnée juste en arrière-plan central, cette plante buissonnante originaire d'Amérique du sud a pour particularité de pousser rapidement. Placée juste derrière le Banyan, ses grandes feuilles offriront peut-être l'opportunité à la colonie de créer des poches secondaires de nidification si elle le désire.

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 90 % (vaporisation au niveau des feuilles) - Humidité au sol : Modérée - Luminosité : Forte.
Emménagement de la colonie : Probable.


                         Soleirolia soleirolii
Lovée entre nos ''deux montagnes'', j'ai placé cette plante couvrante originaire d'Asie à même le sol. Cette helxine a pour particularité de chercher la lumière et n'hésite pas à se servir du relief pour arriver à ses fins. Installée où je l'ai mise, elle a généré une barrière naturelle qui accentue l'effet de profondeur.

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 70 % - Humidité au sol : Moyenne - Luminosité : Moyenne.
Emménagement de la colonie : Non.


                          Tradescantia zebrina
Cette misère originaire du Mexique est une plante rampante retombante haute de cinq centimètres. Je l'ai sciemment installée en bordure d'eau à droite du Ficus. C'est une herbe folle colorée donnant un cachet naturel indéniable au paysage du Libertarium.

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 75 % - Humidité au sol : Forte - Luminosité : Moyenne.
Emménagement de la colonie : Non.



              Peperomia capetera 'Red Luna" et 'Lilian'
 
Ce sont deux plantes originaires d'Amérique du Sud qui peuvent être modérées dès lors que la luminosité est tamisée. Ce pourquoi, j'ai placé sciemment la 'Red Luna' en arrière-plan tout à droite de la Pilea involucrata qui l’empêche d'être constamment sous la lumière. Contraste à merveille avec la roche Seryu Stone utilisée.
Quant à la 'Lilian', elle est nichée en partie centrale à droite de la Tradescantia zebrina. Elle semble avoir été déterrée et ses racines ont été sectionnées au mois de mai 2016. Un mystère éclairci depuis, vous verrez...

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 75 % - Humidité au sol : Forte - Luminosité : Modérée à forte.
Emménagement de la colonie : Non.


                         Cryptanthus Bivittatus
Cette Broméliacée multicolore a pour origine le Brésil et peut être cultivée en culture au sol (ce que j'ai choisi) mais aussi en épiphyte. Peu de chose à ajouter la concernant, elle est juste magnifique avec ses couleurs qui évoluent en fonction de la luminosité ambiante !

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 70 % - Humidité au sol : Faible - Luminosité : Forte.
Emménagement de la colonie : Non.


                         Pilea glauca 'Aquamarine'
Comme cette Urticaceae originaire du Vietnam est une plante rampante et retombante à la tige rouge, je l'ai naturellement glissée à mi-hauteur dans le creux volontairement laissé de notre montagne située à droite du paludarium. Elle s'y est très rapidement lézardée.

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 90 % - Humidité au sol : Faible - Luminosité : Forte.
Emménagement de la colonie : Non.


                         Pteris dentata
Cette plante est assurément la fougère plus commune des forêts tropicales et subtropicales africaines. Bien qu'elle apprécie une belle luminosité, elle préfère néanmoins se développer à l'ombre. Pourtant, en la plaçant à droite du paludarium directement sous la lumière horticole, j'ai quelque peu dérogé à cette règle. Malgré cela, elle s'y développe vaillamment depuis février 2016 et de nombreuses jeunes pousses sont apparues. C'est certainement la plante avec la Adiantum cuneatum la plus fragile de mon écosystème.

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 75 % - Humidité au sol : Faible - Luminosité : Forte.
Emménagement de la colonie : Non.


                         Adiantum cuneatum Fragrans
Juste derrière la Pteris dentata se trouve glissée mon autre fougère au doux nom de Adjantum cuneatum et ses conditions de maintien sont quasiment identiques à la différence tout de même que celle-ci pourrait être élevée en épiphyte et qu'une forte luminosité est encouragée. Étant placée à un niveau plus haut que sa cousine africaine, la motte est moins humide. Ce qui lui convient parfaitement.

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 70 % - Humidité au sol : Faible - Luminosité : Forte.
Emménagement de la colonie : Non.


           Tillandsia bulbosa, Tillandsia exserta, Tillandsia funckiana, Tillandsia ionantha ionantha et Tillandsia usneoïdes
 
 
 
 
À l'inverse de tous mes autres végétaux, celles-ci originaires d'Afrique et du Pérou ont été acquises "adultes" pour la simple et bonne raison que des années peuvent parfois passer avant qu'elles ne grandissent. Ces plantes épiphytes ont été déposées à même la montagne de gauche ou sur une de mes racines de mangrove non immergées. Les maintenir rayonnantes est simple car Il suffit de leur fournir une humidité ambiante modérée voire quasi inexistante, un ensoleillement élevé et de ne surtout pas les arroser. La Tillandsia usneoïdes, quant à elle, a été fixée dans le coin situé en haut à droite afin de cacher tous les câbles techniques du Libertarium.

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : 40/50 % - Humidité au sol : Absente - Luminosité : Forte.
Emménagement de la colonie : Non.


              Eichhornia Crassipes et Pistia stratiotes
 
La première plante flottante est bien connue des amateurs d'aquariophilie qui la surnomment "Laitue d'eau". Les miennes se sont parfaitement développées et ont généré plusieurs rejets, donnant ainsi naissance à leurs cousines de cœur ^^. Petit avantage et non des moindres, elles participent au grand nettoyage de la partie sous-marine.
Quant à la Pistia stratiotes californienne plus connue sous le nom de jacinthe d'eau, une plante aussi envahissante que florissante, elle ne semble pas véritablement apprécier les conditions que je lui octroie. Vous imaginez que je ne laisserai pas les choses se dérouler éternellement ainsi. Non mais !

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : Sur l'eau - Humidité au sol : Sur l'eau - Luminosité : Forte.
Emménagement de la colonie : Non.


                         Vesicularia dubyana
En février 2016, j'ai acheté cinq grammes de cette algue et aujourd'hui elle a réussi à coloniser mes fonds marins et fleurit même en surface. Cet envahissement n'a guère d'importance esthétique et convient absolument au type de biotope que je voulais concevoir. Quand l'envie me prend, Il m'arrive parfois d'en enlever.

Constantes relevées dans le paludarium
Hygrométrie : Sous l'eau - Humidité au sol : Sous l'eau - Luminosité : Faible ?
Emménagement de la colonie : Non.



En relisant les trois parties de mon tutoriel, je pense avoir évoqué l'ensemble, tout du moins un aperçu explicite, des problématiques inhérentes à la réalisation d'un paludarium autosuffisant. De même que j'espère m'être expliqué clairement lorsque j'ai évoqué l'écosystème comme un tout, indivisible par le fait. Je ne me suis pas non plus appesanti, n'ai volontairement pas souhaité complexifié la chose en y ajoutant des reflexions "myrmécophiliques" plus ou moins absconses. Ces interactions seront bien entendu évoquées, triturées dans mon blog lorsque mes fourmis Oecophylla smaragdina emménageront courant novembre.

Partant de ce constat, considérant avoir dit l'essentiel, la quatrième et dernière partie de ce tutoriel sera dépourvue de texte et laissera la place à l'image et à la vidéo.


[Dernière partie du tutoriel]



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[Q/R] Tutoriel - Aire de vie végétalisée : "Libertarium"

mardi 25 octobre 2016

[Tutoriel] Aire de vie végétalisée : "Libertarium" [2]

Avant de continuer la présentation de mon aire de vie 100% naturelle, il est important de vous expliquer en quelques mots l'idée première se cachant derrière la création d'un Libertarium ou bien plus communément appelé "Paludarium". Lorsqu'une personne décide d'en réaliser un, il a dans l'esprit de mettre en place un biotope viable ne nécessitant pas ou presque d'artifices, d'interventions autres que la taille des plantes installées et de veiller au respect, à l'équilibre d'un écosystème délicat qui se devra d'être pérenne.

Il existe pléthore d'écoles de pensée mais pour en faire la synthèse, disons que certains s'emploient à recréer un paysage global en miniature quand d'autres, ce qui est mon cas en l’occurrence, décident de réaliser une parcelle admirée de quelques dizaines de centimètres carrés à une échelle respectée. Cela peut être une bordure de mangrove, un bayou voire un simple bout de bois lové entre deux roches recouvertes de mousse. Quelque soit le lieu observé, la nature environnante offre en cela une multitude de contrées remarquables.

Je me suis donc tout naturellement inspiré des merveilles contemplées lors mes déplacements réguliers dans les départements situés tout au sud de la Colombie, les nommés Caquetá et Amazonas.

                          Département du Caquetá [Colombie]


 
                          Département Amazonas [Colombie]

En octobre 2015, je décidais donc de me mettre à la tâche, un travail ardu mais néanmoins passionnant pour le néophyte que j'étais. Mon idée était simple : transposer un petit morceau d'Amazonie à mon domicile. Rien que ça ! Contemplatif, je le voulais luxuriant, foisonnant ! Mêlant allègrement roches et plantes tropicales, cet écrin aurait été, qui plus est, apte à accueillir mes adorées tisserandes ; des fourmis terriblement capricieuses, j'insiste sciemment sur ce point.

Ma première étape fut, juste après avoir décidé de la superficie de l'aire de vie [60x45x60cm], de sélectionner les pierres qui constitueraient l'ossature du paysage convoité. Nous parlons de leur type [70 kg de Seiryu stone gris anthracite], de leur esthétisme et de leur neutralité mais aussi de leurs diverses formes. En effet, bien plus encore que la beauté désirée, il faut absolument veiller à ce que le squelette agencé soit d'une stabilité exemplaire.

À cela, je rajoutais d'indispensables racines imputrescibles de mangrove à l'esthétique indéniable afin de parfaire mon tableau et prévoyais aussi en son sein tous les emplacements et autres gaines techniques. Nous parlons bien entendu des diverses pompes et tubes permettant à l'eau de ne pas stagner et au brouillard de se propager harmonieusement et efficacement. Je ne reviendrai pas ici sur les constantes nécessaires à l'élevage d'une colonie mature d'Oecophylla smaragdina polygyne et vous invite à parcourir mon blog relatant son élevage.



Il ne me restait donc plus qu'à tester grandeur nature une première ébauche de mon Libertarium... Nous étions en novembre 2015, j'avais donc acquis tout le matériel nécessaire à son élaboration et comme seule plante un tout jeune Ficus retusa que je me suis employé à re-former selon les fondamentaux. Une autre de mes passions depuis pratiquement trente-cinq ans. Bref, nous serions hors-sujet. ^^

 
                          Intégration puis positionnement du Ficus retusa

Après avoir appliqué consciencieusement les trois kilos de Biodrain, l'Aqua soil amazonia, mon kilo de sable de Mekong le tout isolé par deux tapis filtrants du substrat qui serait rajouté ultérieurement, j'y déposais tant bien que mal mes lourdes montagnes de roche. De même, je positionnais les diverses sondes permettant de relever la température et l'hygrométrie ambiante. Le tout sans oublier bien entendu de glisser la pompe de drainage et celle permettant de générer une cascade dans l'interstice choisi, etc. Inutile de vous susurrer que je pourrais continuer à noircir des pages sur les méthodologies que j'ai dues employer pour réaliser mon Libertarium... Voilà pourquoi je vous ai indiqué dans le précédent billet quel livre de chevet j'avais tout particulièrement étudié. Déplacer un morceau d’Amazonie s'avère être effrayant de complexité ! :-)

                          Tests du brouillard et de la cascade


                          Le Bonsaï en formation génère de nouvelles pousses


Comme vous pouvez aisément le constater sur ces deux photos, au bout de quelques semaines, l'arbre a naturellement fait de jeunes pousses ; le signe évident que les conditions de maintien s'avéraient correctes. Car n'oublions pas tout de même que la moindre des choses est bien que ce banyan survive, non ? L'axiome est limpide : l'arbre meurt, la colonie suit. Voici le deal.

Savez-vous quel a été est le pire de cette amorce d'aventure ou... presque ? C'est qu'il m'a fallu patienter jusqu'en janvier 2016 pour considérer que cette ébauche de paludarium serait viable pour le jeune bonsaï qui abriterait dès novembre ma colonie de tisseuses de feuilles. Quant au "presque" pire... Fin janvier 2016, une fois rassuré sur mes nouvelles compétences, il a été nécessaire de tout déconstruire. Ne vous inquiétez pas les amis, c'est une étape tout à fait normale. ;-)

Je vous donne donc rendez-vous dans ce qui sera la troisième partie de ce tutoriel. À suivre.

[Troisième partie du tutoriel]


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